On a déjà eu plusieurs fois l'occasion de parler lors de réunion entre confrère des nombreux succès obtenus par un magicien de Marseille en spectacle de magie. Les nouvelles que l’on reçoit cette fois concernent un autre confrère,  l'homme masqué qui à son tour, a été engagé et a été prolongé jusqu'à la fin du mois de septembre. On est heureux d'applaudir aux succès de ce consciencieux artiste. Un correspondant fait savoir qu'il y avait, au même théâtre, un numéro, d'origine allemande intitulé « Lora » et dont voici le burlesque scénario.

C'est un numéro de magicien et mentaliste. La mise en scène comporte un immense perroquet perché sur un trapèze en nickel garni de lampes électriques. Dans l'intérieur de l'animal est cachée une jeune fille qui, tout en imitant les intonations criardes de la bête et mettant son bec en mouvement, répond et devine des objets recueillis dans la salle par une personne qui est son père, et enfermés par lui, dans une botte qu'il tient à la main.

Si l'idée est originale, la présentation manque totalement d'illusion, car la télégraphie dont se sert le présentateur est si peu voilée, que c'est plutôt la révélation complète du truc. Après cela le papa, tombé dans la marmite de la magie à l'origine tire un coup de pistolet sur le perroquet qui ouvre les ailes pour laisser voir la jeune fille, laquelle agite les bras armés chacun d'un drapeau. Aussitôt un immense rideau plein de chiffres descend de l'avant-scène. Le père distribue dans la salle des cartons portant des chiffres et la jeune fille, les yeux bandés, doit dire, de mémoire, tous les chiffres inscrits sur ces cartons.

On appelle cela l'émule d'Inaudi  ». L'idée d'enfermer la voyante dans un animal n'est pas nouvelle, elle a déjà été mise en pratique par un magicien qui présentait son Sphinx au Cirque d'hiver, le dit Sphinx fait actuellement l'ornement de la boutique d'un brocanteur de Belleville, qui le céderait volontiers pour cent sous. Quant à la boîte pour les objets elle a depuis longtemps, fait son apparition à Paris, entre les mains d’artistes qui avait aussi une fille comme voyante.